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Profil

  • : Stéphane BALLONG
  • ecophile
  • : Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille. Master 2 Information et Journalisme Economique à Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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Mercredi 27 février 2008

«La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », disait Michel Rocard. C’était  en mai 1990 alors qu’il était Premier ministre. Depuis, la maîtrise des flux migratoires a été, à des degrés divers, au cœur des programmes des chefs d’Etats français qui se sont succédé. Nicolas Sarkozy ne dérobe pas à la règle. Il en a même fait une priorité.

Brice Hortefeux, celui-là même qui incarne son projet en la matière, à la tête de l’inédit ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale, et du codéveloppement, vient ainsi de conclure avec le Sénégal, un accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires. Il s’agit d’un texte qui prévoit d’ouvrir le marché du travail français aux ressortissants sénégalais dans 108 métiers.

Après la controverse sur l'objectif 2007 de 25.000 reconduites à la frontière et la péripétie agitée des tests ADN pour le regroupement familial, le ministre a rappelé lors d’un «point d'étape» en novembre dernier, sa « détermination » à mettre en œuvre la nouvelle politique migratoire souhaitée par Nicolas Sarkozy. Une politique qui veut: combattre la clandestinité,  augmenter l'immigration économique de 6 % à 50 % du flux migratoire en cinq ans, et restreindre le regroupement familial, aujourd’hui principale raison des entrées sur le territoire français.

Des objectifs légitimes, ayant le mérite de vouloir lutter contre l’immigration illégale. Mais selon Catherine Vihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, les dispositifs  mis en œuvre par Brice Hortefeux pourraient encore multiplier le nombre de sans-papiers. « En durcissant les règles, on développe la clandestinité. Ce n'est pas une politique trop laxiste, mais une politique trop restrictive qui crée de l'illégalité », relève-t-elle. « Quand les frontières sont ouvertes, ajoute-t-elle, les gens circulent, font des allers-retours, quand les frontières sont fermées, ils se stabilisent. » Brice Hortefeux, lui, veut adresser « un signal fort aux candidats à l'immigration clandestine ».

 « Peut-on empêcher durablement une personne de vivre sans son conjoint et ses enfants ? » s’interroge Patrick Weil, spécialiste de l'immigration. « Les familles des étrangers venus s'installer légalement en France continueront à venir, mais dans l'illégalité, explique-t-il. Faute de pouvoir le faire légalement.» Une fois sur le territoire, la Convention européenne des droits de l'homme les protègera contre l’expulsion. Conséquence : le nombre de « ni-ni » (ni régularisables ni expulsables) va s’agrandir.

« Une simple équation économique »

Cet éventuel aboutissement ne semble pas suffisant pour faire fléchir le ministre de l’immigration. Indéfectiblement attaché au programme de son président, Brice Hortefeux a aussi publié  une liste de professions, essentiellement qualifiées, ouvertes aux migrants des pays hors UE. « Nous avons choisi de ne pas ouvrir l'immigration de travail dans des secteurs peu qualifiés car, avant de recourir à une main-d'œuvre en provenance de l'étranger, il faut d'abord accompagner vers l'emploi les chômeurs présents en France, qu'ils soient français ou étrangers », justifie-t-il.

Pour Karim Amellal, maître de conférences à Sciences Po Paris, il s’agit là d’une fausse bonne idée. « Choisir ses immigrés, ne prendre que les plus diplômés, ne résoudra nullement la pénurie de main-d’œuvre existant déjà dans les secteurs qui n’ont que besoin de personnes peu ou pas qualifiées, disponibles pour exercer des métiers malheureusement désertés par les nationaux parce que peu gratifiants. » Excluant toute observation philanthropique, elle assure : « notre pays ne subit pas l’immigration ; au contraire, il en profite et en a besoin.  C’est une simple équation économique. »

Faire toutefois croire que la France ne veut ouvrir ses portes qu’aux têtes bien faites serait faux. En fait, la liste de métiers dévoilée par le ministre de l’immigration pourrait être complétée, grâce à des accords bilatéraux de gestion concertée des flux migratoires, comme celui signé le 25 octobre avec la République du Congo, « prévoyant d’accueillir 100 jeunes professionnels, et de délivrer 150 cartes "compétences et talents », explique Brice Hortefeux. « Notre pays, comme les autres , insiste-t-il est libre, de décider qui il souhaite accueillir sur son territoire ».


Source: Le Monde 

Par Stéphane BALLONG - Publié dans : L'Afrique et le reste du Monde
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Commentaires

La France est bel et bien libre de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire. Elle peut le répéter à loisir. Mais on ne peut rien contre un homme qui a le feu au cul, surtout quand celui-ci est allumé par celui qui se barricade. Qu'elle le veille ou non IL Y 'AURA DE PLUS EN PLUS D'IMMIGRÉS LÉGAUX ET ILLÉGAUX
Commentaire n°1 posté par Mbaye le 29/02/2008 à 14h02
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