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Profil

  • : Stéphane BALLONG
  • ecophile
  • : Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille. Master 2 Information et Journalisme Economique à Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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Mercredi 21 mai 2008

Le continent noir n’a jamais été autant courtisé. Fin 2006, l’empire du Milieu, première puissance mondiale en devenir selon certaines estimations, organisait à Pékin, pour la première fois, un forum avec des dirigeants d’une quarantaine de pays africains. Objectif : promouvoir une relation gagnant-gagnant avec l’Afrique.

Un peu plus d’un an après, les 8 et 9 avril derniers, l’Inde, l’autre puissance émergente asiatique visant le deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis à l’horizon 2020, convoque elle aussi un inédit sommet avec l’Afrique à New Delhi. Le style est différent, pas de gigantisme mais les promesses se ressemblent : doublement des lignes de crédits ouvertes aux pays africains à 5,4 milliards de dollars, libre accès au marché indien, le deuxième au monde, pour les produits des pays les moins avancé, etc.

  

A première vue, cette rencontre de New Delhi peut être considérée comme une contre-attaque indienne au sommet sino-africain de 2006. Tant la bataille d’influence des deux pays sur le continent est féroce. En 2004, par exemple alors que la compagnie indienne ONGC était sur le point remporter l’exploitation d’une partie de l’off shore angolais, la Chine lui souffle ce marché en faisant une offre plus alléchante à Luanda.    

 

Pourtant à y voir de près, les engagements de ces deux puissances émergentes sur le continent, sont bien différents. D’abord,  l’Inde a une présence plus ancienne en Afrique que la Chine grâce aux nombreux commerçants indiens qui s’y sont installés à l’époque de la colonisation. Ensuite, quand la Chine n’hésite pas à exporter en Afrique sa main d’œuvre pour les grands travaux, l’Inde elle s’efforce de valoriser les ressources humaines sur place procédant ainsi au transfert des technologies intermédiaires. Un exemple : à Thiès au Sénégal, le constructeur indien Tata et des investisseurs locaux ont installé une chaîne de montage d’autobus, Senbus Industrie, créant environ 700 emplois directs et indirects.

Autre différence majeure dans les stratégies des deux pays. Les investissements chinois en Afrique se font notamment par le biais de l'Etat. Pour l’Inde, ils relèvent du secteur privé. Un secteur privé très regardant des risques locaux, de la stabilité…. Bref de la démocratie.

Si la Chine peut se venter d’avoir initié une politique d’aide au développement beaucoup plus adaptée aux besoins des Africains tout en respectant la souveraineté des Etats, elle ne brille guère par son implication dans certains conflits notamment au Soudan.

Quoi qu’il en soit, C’est à l’Afrique de tirer parti de la montée de ces deux partenaires asiatiques. Dans les relations entre Etats, il n’y a que des intérêts.  

 

 

Par Stéphane BALLONG - Publié dans : L'Afrique et le reste du Monde
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